Université Grenoble Alpes

École de printemps

La Fabrique sensible des traces

17-22 juin 2019

Dans le cadre de ses activités Arts in the Alps, la SFR Création organise tous les deux ans, depuis 2017, la Spring School/Ecole de Printemps. Cet événement a pour objectif principal de créer une dynamique scientifique internationale qui se distingue par la valorisation de pratiques de recherche pluridisciplinaire, ainsi que de proposer à des doctorants de se former, par l’expérimentation, au développement de nouvelles approches de recherche qui croisent différentes disciplines des sciences humaines et sociales.

L’édition 2019 pose un cadre scientifique précis, dont les objectifs sont :

  • d’interroger la pensée matérielle, située incarnée qui sous-tend la recherche basée sur la pratique ;
  • de mettre l’accent sur la manière dont les traces matérielles sont créées, à travers et pour la recherche artistique ;
  • de déterminer comment de telles traces (artefacts) peuvent être partagées entre les communautés du monde de la recherche.

Les artistes et chercheurs travailleront aux croisements de leurs méthodes et de leur rapport à la matérialité en s’interrogeant sur différentes questions lors d’ateliers et de séminaires :

  • Comment la matérialité d’une pratique artistique peut-elle être utilisée comme outil réflexif ?
  • Comment la physicalité et les artefacts de la recherche créative peuvent-ils résonner au-delà du moment performatif de la création et de la représentation artistiques (cela est particulièrement pertinent pour l’étude historique de la performance) ?
  • Comment les traces perceptuelles peuvent-elles être transférées d’un domaine sensoriel à un autre (par exemple, du visuel au son, du geste au texte) ?

 

Organisation de la semaine

Durant ces six jours d’école doctorale intensive, les participants ont la possibilité de participer à différents ateliers et séminaires. Ceux-ci comprennent des ateliers sur le mouvement, l’écriture créative, la cartographie et la performance animés par un groupe international de chercheurs et d’artistes. La semaine comprend des visites de paysages culturels et naturels dans les Alpes.

Cette année, l’événement a eu lieu à la Maison de la création et de l’innovation (MACI), notre nouveau bâtiment situé sur le campus principal de l’Université Grenoble Alpes, ainsi que sur quelques sites alpins environnants. Notre nouvelle installation, la MACI, dispose d’espaces spécialisés pour la réalisation et la documentation de recherches fondées sur la pratique et vise à soutenir la manière dont les arts, les sciences humaines et les sciences sociales produisent des recherches en matière de processus et de produits.

Télécharger le programme détaillé

Pour plus d’informations, veuillez contacter : sf-recherche-creation@univ-grenoble-alpes.fr 

Conférence

Le sensible, la scène et la salle.

Ethnographie, scénographie, chorégraphie.

François Laplantine

Quand l'ethnographie comme connaissance sensible rencontre la création artistique, c'est-à-dire l'intensification et la réélaboration de l'expérience sensible. Le théâtre et plus encore la danse contemporaine permettent de réintégrer dans la connaissance une dimension du sensible largement méconnue par la pensée occidentale. Ces deux activités, à l'instar des traditions asiatiques, ne consistent pas tant à exprimer des formes qu'à capter des forces. Elles sont animées par une énergie d'incorporation et d'extériorisation qui pose une série d'interrogations : la relation entre le corps et le langage, les voies du dire et du non dire, la transformation du temps en espace.

Si la question du tracé (notamment des figures chorégraphiques) s'impose pour les artistes et les spectateurs, la question de la trace est beaucoup plus problématique dans le spectacle vivant. Ce dernier ne peut être au sens strict re-présenté car il ne revient pas tout à fait identique à ce qu'il était un autre soir. Il advient chaque fois différent à la manière d'un événement.

Conférence

Les connaissances par traces.

Des pistes animales aux lignes de désir urbaines.

Laurent Gagnol et Coralie Mounet

Cette conférence traitera des « connaissances par traces », étudiées dans le sillage des travaux de Carlo Ginzburg sur l’épistémologie des traces et des indices. En nous appuyant sur l’analyse des savoirs cynégétiques et pastoraux, chez les chasseurs et les naturalistes des Alpes françaises et dans les sociétés pastorales nomades saharo-sahéliennes, nous montrerons comment ces connaissances se déploient, dans leur attention aux indices, aux traces des cheminements des êtres vivants et aux lignes inscrites sur le sol. Ces savoirs indiciels, initialement construits autour de la lecture spatiale des pistes animales, peuvent également porter sur les pratiques humaines. Les lignes de désir urbaines tracent ainsi dans l’espace les manières spontanées de circuler en ville.

Géographies créatives

Célia Hoffstetter

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Géographies créatives

Célia Hoffstetter

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Géographies créatives

Célia Hoffstetter

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Géographies créatives

Célia Hoffstetter

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Géographies créatives

Célia Hoffstetter

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Col du Lautaret

Célia Hoffstetter

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Col du Lautaret

Célia Hoffstetter

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Col du Lautaret

Célia Hoffstetter

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Col du Lautaret

Célia Hoffstetter

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Alice Owen

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Col du Lautaret

Miru Kim

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Elena Roig Cardona

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Nataliya Grulois

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Archiver la ville du futur

Michel Morin

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Archiver la ville du futur

Michel Morin

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Archiver la ville du futur

Michel Morin

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Archiver la ville du futur

Michel Morin

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Archiver la ville du futur

Ozgul Akinci

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Archiver la ville du futur

Ozgul Akinci

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Archiver la ville du futur

Ozgul Akinci

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Archiver la ville du futur

Ozgul Akinci

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Archiver la ville du futur

Ozgul Akinci

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Présentation matinale

Ozgul Akinci

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Présentation matinale

Michel Morin

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Présentation matinale

Michel Morin

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Présentation matinale

Michel Morin

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Gyrotonic ®

Michel Morin

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Gyrotonic ®

Michel Morin

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Gyrotonic ®

Michel Morin

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Gyrotonic ®

Michel Morin

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Gyrotonic ®

Michel Morin

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Gyrotonic ®

Michel Morin

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Gyrotonic ®

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Ozgul Akinci

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Actes créatifs d’enracinement

Ozgul Akinci

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Actes créatifs d’enracinement

Ozgul Akinci

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Actes créatifs d’enracinement

Michel Morin

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Les traces du temps en montagne

Nataliya Grulois

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Les traces du temps en montagne

Nataliya Grulois

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Les traces du temps en montagne

Ozgul Akinci

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Les traces du temps en montagne

Ozgul Akinci

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Les traces du temps en montagne

Ozgul Akinci

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Echoes of Embodiment

Ozgul Akinci

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Echoes of Embodiment

Ozgul Akinci

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Echoes of Embodiment

Ozgul Akinci

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Echoes of Embodiment

Michel Morin

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Echoes of Embodiment

Michel Morin

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Echoes of Embodiment

Michel Morin

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Echoes of Embodiment

Michel Morin

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Echoes of Embodiment

Michel Morin

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Jen Harvie

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Jiayi Lu

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Jul McOisans

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Luis Meyer

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Natalia Amaya

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Nuala Ní Fhlathúin

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Retours de Natalia Amaya García

« 19 juin 2019
Grenoble
Les Alpes

Les montagnes partagent leur magie avec moi, avec leur douceur et leur colossale présence je n'arrive pas à les contenir dans mes yeux, je les aime, je suis touchée et honorée par leur présence et leur beauté, je leur dois du respect. Je m'interroge sur mes montagnes, leurs verdure et ma connaissance sur elles. Je me dis : C'est la géographie qui m'a permis de comprendre mes recherches. »

Pendant l'école, j'ai mené un petit journal de terrain où j'ai essayé d'enregistrer diverses sensations et réflexions générées par les différents ateliers et conférences. Le paragraphe précédent correspond à un extrait de ce journal, et je l’ai choisi parce que j'y mentionne deux choses de cette expérience qui sont remarquables pour moi, la géographie et les montagnes.

Le sens que donne la géographie à la trace comme índice, me permet, dans le cadre de mes recherches, de donner de la valeur au plus petit et de reconnaître qu'il existe un potentiel caché. Ce potentiel me permettra de valider un autre type de connaissance qui a été historiquement sous-­estimée : la connaissance du sensible et la connaissance de soi-­même.

Pour moi, toute l'expérience de cette école de printemps peut se résumer dans la montagne comme une métaphore de la problematique et de la méthodologie de la recherche.

Dans la montagne nous trouvons des chemins divers, quand le chemin est déjà fait , notre point de départ et notre point d'arrivée deviennent clairs, nous pouvons nous déplacer en toute sécurité, nous ne faisons qu’y circuler. Mais lorsque le chemin est tracé et qu'il n'y a pas beaucoup d'affluence, et quand c’est un chemin de terre, le prendre demandera un risque, c'est ici que l'aventure commence. Cela peut prendre plus de temps, cependant, ce temps en plus, ce détour, nous permettra d'observer, d'entendre, de toucher et de sentir le paysage et de trouver des signes qui sont passés inaperçus auparavant. Nous découvrons les traces des autres et nous pouvons choisir de nous dévier pour suivre notre intuition.

Dans la montagne, on n'est jamais seul, faire le chemin tracé en collectif peut nous enseigner (montrer, prouver) la logique de sélection, de direction et de décision de l’autre et de sa connaissance. Le chercheur doit être flexible, doit affiner son sens de l'écoute, pour reconnaître les contributions de l'autre qui vit dans la montagne ou aux alentours.

La montagne dans cet amalgame de connaissances est le lieu politique pour connaître mieux la voix des autres (leurs langues, turc, portugais brésilien, espagnol).

Connaître la montagne de l'intérieur, c'est faire de la recherche en création. Ici, l’action de faire a un rôle primordial, dans la montagne on sème, on récolte, on enquête, on se repose, on sait, on crée des liens, on se déplace. Faire celà, nous fait poser des questions et trouver des réponses generées par la sensibilité, ici nous reconnaissons non seulement la longueur du chemin mais aussi sa largeur, ses possibilités.

Je crois que le résultat du dernier travail collectif sur le temps passé dans la montagne, où on a pu interagir avec elle, résume les apports de cette expérience et la métaphore de la montagne. La montagne comme un espace où vivent plusieurs langues, plusieurs champs de connaissances, plusieurs chercheurs et plusieurs communautés de recherche où chacun a une spécificité dont l'autre peut apprendre. Aprendre des fourmis et de leur organisation et de leur travail c’est aussi apprendre de la recolte et du fleuve, c’est apprendre des nuages et de leurs formes, des glaciers, des fleurs, des abeilles ; tous ces élements avec leur propre voix et avec quelque chose d’important à dire.

Nous sommes tous dans ces questionnements instables de la recherche en creation, nous avons tous peur de la boue, mais nous savons que le temps viendra de récolter quelque chose.

Pour tous süreç con amor.

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Natalia Amaya García

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Si je saute dans les « Pyrénées », est-ce que le sol va trembler dans les « Montagnes du Caucase » ?

Si je prend trop de temps à lire les cartels, est-ce que les autres fleurs vont perdre patience ?

Les plantes remarquables ont-elles été obligées de demander un passeport ?

Les plantes dans l'eau sont-elles apatrides ?

Est-ce que je peux entendre le même chant d'oiseaux dans les « Montagnes australes » que dans les « Alpes orientales » ?

Les plantes étrangères ont-elles dû apprendre le français, et les jardiniers ont-ils créé des programmes d'apprentissage du français pour les plantes internationales ?

Quand est-ce que le soleil se couche au Japon ?

Qu'est-ce qui est exotique ?

Est-ce que je me sens mieux accueilli en « Amérique du Nord » que dans les « Andes » et en « Patagonie » ?

Combien de pas dois-je faire pour aller de « l'Arctique » à la « Corse » ?

Les plantes vivent-elles dans une aristocratie ? Sont-elles toutes d'accord sur l'organisation politique ?

Si le chardon bleu retrouve sa couronne en août, quand le « Géranium argenté » perd-il la sienne ?

Des plantes ont-elles réussi à s'échapper du jardin ?

L'air a-t-il un goût différent en « Corse », qu'en est-il dans les « Alpes du Sud » ?

La neige est-elle plus abondante en « Arctique » que dans les « Apennins » ? Ai-je besoin d'une couche supplémentaire ?

Est-ce que les fleurs fleurissent encore quand il neige ? Ou bien vont-elles en vacances ?

Est-ce qu'il faut autant de temps pour faire le tour du « Japon » que pour faire le tour de « l'Asie centrale et de la Chine » ?

Est-ce que le même papillon peut se reproduire entre la « Péninsule des Balkans » et « l'Himalaya et le Tibet » ?

Les Reines du jardin flirtent-elles entre elles ?

Deux personnes peuvent-elles chanter en duo ; l'une étant dans les « Carpates » et l'autre dans le « Massif Central » ?

Est-ce que toutes les plantes s'accordent de leurs pronoms ?

La neige du Kilimandjaro a fondu. Est-ce que cela signifie qu'il est déjà trop tard pour que ses plantes soient représentées ?

Les traces du temps en montagne

Tom Stockton, Annalisa Paroni, Miru Kim, Clémence Vendryes, Vincent Maillard

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Retours de Célia Hoffstetter

La grande inspiration, au sens propre comme au sens figuré, que j’aurai prise de cette école d’été – un véritable bol d’air – aura été que la créativité est essentielle à toute activité de recherche.

Fraîchement arrivée dans le monde académique (j’ai débuté cette année mon doctorat en linguistique anglaise), je me percevais au départ comme une apprentie chercheuse, une détective du langage. Dès la rentrée, je suis partie à la recherche d’indices, de signes ; j’ai lu inlassablement, toujours à l’affût d’informations à interpréter, à analyser, à décortiquer. Plus que tout, j’espérais trouver : trouver des traces qui répondent à mes questions et me permettent de reconstituer petit à petit un modèle. Mais au bout du compte, voir ma thèse comme une enquête à tiroirs ou comme une immense énigme à résoudre ne m’a apporté ni les fameux « résultats » que j’appelais de mes vœux, ni la satisfaction personnelle. A un moment de l’année où la fatigue et le découragement (qu’on dit souvent normaux pendant le doctorat) pesaient sérieusement sur ma casquette de Sherlock Holmes universitaire, Arts in the Alps a changé mon regard sur la recherche. En côtoyant pendant une semaine des chercheur.se.s également artistes (ou des artistes également chercheur.se.s…), j’ai compris que les traces ne sont pas seulement des choses que l’on trouve, mais bien des choses que l’on crée, voire même que l’on défait, parfois.

Il y a un poème de Brecht, dans son Manuel pour habitants des villes, qui lance un appel singulier au lecteur : « Efface tes traces ». A la lumière de cette petite phrase, Arts in the Alps m’a permis de définir différemment le processus de recherche. Et si ce dernier ne tenait pas seulement du détective en quête de vérité scientifique, mais aussi du bandit qui brouille les pistes toutes tracées, échappe aux embuscades et se délecte de la complexité ? Le monde académique, en somme, pourrait bien être le domaine des « Fun Lovin’ Criminals », comme l’a chanté Jamie, tandis que nous partions à la recherche du temps perdu au col du Lautaret…

Tête chercheuse, je traque, je déniche, j’observe ; mais plus encore, je crée des possibilités, j’efface et je recommence, j’ouvre de nouvelles pistes et en referme d’autres, je forme et transforme ce que je vois. De manière ironique, Arts in the Alps m’a permis de m’approprier un concept central de mon travail en linguistique, celui d’« agentivité », que je n’ai plus seulement débusqué dans le sémantisme des verbes de mes textes, mais que j’ai pu mettre en œuvre dans mes pratiques. Je suis passée pour ainsi dire du corpus, linguistique, au corps, physique : les séances matinales d’éveil corporel avec Stéphanie, les marches autour du campus et en montagne, l’écoute du son produit par nos gestes… tout cela m’a aidée à me resituer comme actrice de ma réflexion.

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Célia Hoffstetter

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Retours de Luis Meyer

1. Le geste empreinte/emprunté

Le concept de trace m'a permis de m'approcher vers l'idée de l'empreinte comme un indice, une forme tridimensionnelle et fixe d'étudier la trace. Dans ce sens, je commence à explorer l'archéologie du mur comme une source révélatrice du passé-présent-futur de la matière du mur ; dans mon cas les murs de briques de Lille et Roubaix. L'empreinte de briques avec l'argile devienne pour moi un centre d’intérêt pour ainsi explorer les liens avec le temps et l'espace. D'ailleurs, cette prise de traces avec une empreinte en relief me permet de poursuivre les analyses des enjeux relationnels architecture-mur-citoyen dans l'espace urbain et me poser de questions autour de cette pratique ; est-ce que les traces ont une ontologie propre ? Il faut la création d'un récit urbain ?

2. Paysages éphémères

La création de paysages avec la poudre de briques, c'est une notion expérimentale d'explorer la matière du mur en faisant des images simples, flou et éphémères ; chacune est une façon de pensée et imaginer la trace du bâtiment qui est en train de disparaître. Dans ce cas la trace devient iconique avec l'utilisation du monotype.

3. Vers une nouvelle « Muralité »

La trace et le sensible sont deux concepts très remarqués qui ont été abordé pendant l'école. Dans ce sens, je commence m’intéresser pour la trace de l'imaginaire collective des habitants à partir des textes et récits que j’aimerais bien recueillir avec la mise en place d'une enquête de caractère ethnographique. Elle me permettra de connaître les imaginaires et les traces des habitants avec les murs de la ville ; cette démarche permettra aussi une synergie avec le processus de création-habitants-artiste et la pratique artistique de façon collective.

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Luis Meyer

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Actes créatifs d’enracinement

Miru Kim

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